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Déclaration d’Indépendance du CyberEspace

vendredi 27 janvier 2012

par John Perry Barlow

Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l’esprit. Au nom de l’avenir, je vous demande en venant du passé de nous laisser seuls. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez aucune souveraineté où nous nous rassemblons.

Nous n’avons pas de gouvernement élu, nous ne souhaitons pas en avoir, alors je m’adresse à vous avec la plus grande autorité qui est celle avec laquelle la liberté s’exprime.

Je déclare l’espace social global que nous construisons pour être naturellement indépendant de la tyrannie que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez aucun droit moral de nous gouverner, ni ne possédez aucun moyens de répression que nous devrions craindre.

Les gouvernements tirent leur juste pouvoir du consentement des gouvernés. Vous n’avez pas été sollicité, ni reçu notre consentement. Nous ne vous avons pas invité. Vous ne nous connaissez pas, ni ne connaissez notre monde. Le cyberespace n’est pas borné par vos frontières. Ne pensez pas que vous pouvez le construire, comme s’il s’agissait d’un projet de construction publique. Vous ne pouvez pas. C’est un acte naturel et il se développe grâce à nos actions collectives.

Vous n’êtes pas engagés dans notre grande et constructives conversations, ni n’avez créé la richesse de nos places d’échanges. Vous ne connaissez pas notre culture, notre éthique, ou les codes non écrits qui régissent notre société mieux que ne pourraient le faire n’importe lequel de vos impots.

Vous prétendez qu’il ya des problèmes entre nous que vous devez résoudre. Vous utilisez cette revendication comme une excuse pour envahir notre territoire. Beaucoup de ces problèmes n’existent pas. Où il ya des conflits réels, où il ya des torts, nous allons les identifier et les résoudre par nos moyens. Nous établissons notre propre contrat social. Cette gouvernance sera définie selon les conditions de notre monde, pas le vôtre. Notre monde est différent.

Le cyberespace est constitué de transactions, les relations et la pensée, comme une onde qui se propage dans le réseau de communications. Le nôtre est un monde qui est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas là où vivent les corps.

Nous créons un monde où tous peuvent entrer, sans privilège ni préjugé dicté par la race, le pouvoir économique, la force militaire, ou le lieu de naissance.

Nous créons un monde où n’importe qui, n’importe où peut exprimer ses croyances, peu importe sa particularité, sans crainte d’être réduit au silence ou au conformisme.

Vos notions juridiques de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement et de contexte ne s’appliquent pas à nous. Elles sont toutes basées sur la matière, et il n’ya pas d’importance ici.

Nos identités n’ont pas de corps, donc, contrairement à vous, nous ne pouvons pas obtenir l’ordre par la contrainte physique. Nous croyons en l’éthique, l’intérêt personnel éclairé, et le bien commun, notre gouvernance va émerger. Nos identités peuvent être réparties sur plusieurs de vos juridictions. La seule loi que toutes nos cultures constitutives voudraient généralement reconnaître est la règle d’or. Nous espérons que nous serons capables d’élaborer nos solutions si particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.

Aux États-Unis, vous avez aujourd’hui créé une loi, la Loi sur la réforme des télécommunications, qui répudie votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, DeToqueville, et Brandeis. Ces rêves doivent désormais renaître en nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, car ils sont natifs dans un monde où vous serez toujours des immigrants. Parce que vous les craignez, vous confiez à vos bureaucraties les responsabilités parentales, vous êtes trop lâches pour vous y confronter. Dans notre monde, tous les sentiments et les expressions de l’humanité, de l’avilissant à l’angélique, font partie d’un ensemble homogène, la conversation globale de bits. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui étouffe de l’air sur lequel battent les ailes.

En Chine, Allemagne, France, Russie, Singapour, l’Italie et les Etats-Unis, vous essayez de repousser le virus de la liberté par l’érection des postes de garde aux frontières du cyberespace. Ceux-ci peuvent tenir à l’écart de la contagion pour un petit temps, mais ils ne fonctionneront pas dans un monde qui sera bientôt couvert de bits transportant les médias.

Votre industries de l’information de plus en plus obsolètes se perpétueraient en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui clameraient son unique discours partout dans le monde. Ces lois voudraient faire des idées un produit industriel, pas plus noble que la fonte. Dans notre monde, quelle que soit l’esprit humain il peut créer et peut être reproduit et diffusé à l’infini sans frais. La transmission globale de la pensée n’a plus besoin de vos usines pour s’accomplir.

Ces mesures toujours plus hostiles et colonialistes nous mettent dans la même position que les amateurs de la liberté et l’autodétermination qui ont dû rejeter l’autorité du pouvoirs distants et mal informés. Nous devons déclarer nos identités virtuelles étrangères à votre souveraineté, même si nous continuons à consentir à votre pouvoir sur nos corps. Nous nous répandrons sur la planète afin que personne ne pourra arrêter nos pensées.

Nous allons créer une civilisation de l’esprit dans le cyberespace. puisse t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que vos gouvernements ont fait avant.

Davos, Suisse

8 février 1996

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